02. juin 2008

Oracle : scénario et questions (FAQ ???)

Et un nouveau post sur Oracle (décidément !!!)
Plusieurs questions sont revenues dans beaucoup des présentations que j’ai pu faire à un public (festival principalement)…

Donc je vais tenter d’apporter des réponses ici, et si vous en avez d’autres, envoyez les moi, j’y répondrai avec plaisir.

Pourquoi ce sujet ?

Disons qu’Oracle a connu bien des changements dans le scénario depuis la première rédaction (décembre 2005) à la dernière (mai 2006).
Tout a commencé avec un scénario d’Alan Sellier où il était question d’un père et de son fils qui allaient à la chasse au loup. Après être passé par de nombreuses réécritures et de nombreux changements (dont une version dans les steppes mongoles, et une autre dans un monde purement graphique), nous avons pris connaissance de l’étude de l’INSERM courtement citée dans le générique et intitulée “Trouble des conduites chez l’enfant et l’adolescent“, qui parle de la détection de ces troubles et des moyens de les “prévenir” et de les “contrôler”.
Nous avons tous été choqués par le côté eugénique de cette étude, proposant une mise sous médicaments (camisole chimique ?) et par le fait qu’elle ait été utilisée pour le projet de loi “Prévention de la délinquance” du Ministère de l’Intérieur de l’époque.

Passionné de Science-Fiction d’anticipation, j’ai alors rédigé une première version du scénario, gardant la relation parent/enfant initiale, et inventant le système Oracle, une sorte de caricature poussée des moyens de prévention. Et la décision de laisser le choix au parent me semblait logique dans la mesure où il fallait que ce système soit possible dans une démocratie telle que la notre.

Et après plusieurs mois de travail, nous sommes arrivés tous les cinq à une version qui nous convenait et que nous avons ensuite réalisé.

Pourquoi un film de science-fiction ?

La forme de la science-fiction me semble très riche. Bien que dénigrée par certains. Je me rappelle d’une conférence où Serge Lehman expliquait très bien que les auteurs de science-fiction n’ont rien inventé ou imaginé, ils ont simplement pris ce qui existait à leur époque et on cherché toutes les voies d’évolution possible de ces éléments. Un travail de scientifique en quelque sorte. Et ils finissaient par garder l’une des hypothèse. Et cette méthode s’est souvent avérée juste.

C’est ce que j’ai essayé de faire en créant le système Oracle, qui n’est qu’une avancée possible de nombreux éléments que l’on peut entendre en ce moment : Criminalisation des enfants en fonction de certains critères, implication des parents face à ces critères avec une aide sociale et/ou médicale…

Le principe d’Oracle est simple, il place le nouveau-né dans un “cocon”, et utilise ses gènes et son caractère, pour le placer dans une simulation où il a tout pouvoir. L’enfant évolue donc de manière totalement libre, et se révèle vraiment. Système niant tout facteur sociologique, éducationnel ou environnemental. Une fois cette simulation terminée, Oracle “laisse” le choix au parent de garder ou non l’enfant.

Pourquoi la décision revient-elle uniquement au père ?

Là encore il s’agit d’une caricature. Pour que le système Oracle fonctionne, il fallait éviter toute discussion (qui peut inviter à des changements d’avis), donc une seule personne. Or nous sommes dans une société relativement machiste, où les décisions importantes reviennent au père, et l’éducation quotidienne à la mère (là encore nous sommes dans la caricature bien sûr). Et Oracle ne prend pas en compte l’éducation. Je parlerai aussi de la remarque “Il est normal qu’il la garde”. Pour notre société oui. Mais dans une société où un tel système est légal, cela implique que les gens sont éduqués à ne pas être directement attachés à leur enfant. Un peu à la manière de certains pays où les enfants sont revendus ou tués si leur sexe ne convient pas.

Quelles ont été les inspirations du film ?

A l’heure actuelle je dirai “Bienvenue à Gattaca”, mais je ne l’avais pas vu lors de la rédaction du scénario. Disons que cela aurait pu en être une. Au niveau film : Minority Report, les films de Leni Riefenstahl pour les scènes avec les soldats, Mon Voisin Totoro. Niveau images, de très nombreuses illustrations que l’on a pu voir sur internet notamment. Pour les livres : 1984 et les K.Dick.

Quels logiciels ont été utilisés ?

3D : Maya, Mudbox
2D : Photoshop
Post-Production : After Fx
Montage : Premiere, Final Cut

Comment fait-on pour faire un film d’animation ?

Cette question n’a peut être pas sa place sur un site d’infographiste, mais j’ai eu à y répondre plusieurs fois, donc pourquoi pas ici.

Dans la phase de pré-production, tout commence par l’écriture d’un scénario, puis viennent le design des personnages (papier et crayon), et le story-board qui va présenter le découpage du film au travers de dessins.

Vient ensuite la phase de production. On commence par réaliser sur logiciel des sculptures numériques : le modeling. Puis on vient y mettre des couleurs et des matériaux : le shading. Ensuite on crée un système de marionnette qui permettra de faire bouger le modèle : le setup. Et on anime cette marionnette. Pour finir on vient éclairer le tout, et on laisse les machines calculer les images finales. (je fais l’impasse sur les Render Passes).

Pour la post-production, on vient retoucher les couleurs et les images pour arriver au résultat souhaité.

Avec cette explication j’ai eu l’impression que les gens me comprenaient enfin ^^. J’espère ne pas m’être trompé.

Bonne journée à tous.

Oracle : l’aventure

Oracle c’est quoi ?

a. un court-métrage formidable réalisé par des gens supers trop cool
b. un système de base de données
c. un court-métrage, qui essaie de faire passer un message
d. une réponse à une question dans l’antiquité grecque
e. un personnage de comics

(si tu réponds a., tu es hypocrite, si tu réponds c. je t’aime. Les deux autres réponses sont bonnes, mais moins)

C’est sans doute tout cela, mais c’est surtout l’aventure de quatre étudiants qui pendant un an ont eu la tête dans le guidon pour le finir. Avec tout à apprendre.

Comment s’organiser, comment bosser en équipe, en réseau, sans trop se taper dessus. Comment combiner les différents points de vue, les volontés et les goûts de chacun. Parce qu’une co-réalisation, c’est plusieurs visions des choses. Et ça complique tout. Mais ça enrichit (ou pas, ça dépend avec qui vous bossez).

Oracle, c’est un an. Un an complet devant des machines à être quatre pour toutes les décisions importantes. “Ce plan, on le cadre comme ça ?”, “Cet élément ne contredit pas le sens de l’histoire ?”, “Je peux mettre ta tronche en fond d’écran ?”, “Plus rondes les fesses ?”, “Et si on lui mettait une bouée autours de la taille ? (véridique !!)”…

Un an plutôt difficile sur le moment. (surtout vers la fin)

Mais un an, qui avec le recul, me semble aujourd’hui formidable. Certes il parait que l’on garde surtout le meilleur avec le temps. Mais malgré les difficultés, les engueulades, la tension de la dead-line qui approche et où l’on se dit : “Merde, on est en juin et on a 45 secondes d’animation”. Je suis heureux de cette année.

De ces deux mois d’été passés à animer (entre 2 semaines et 1 mois suivant les séquences), puis à rendre, avec les bécanes qui plantent, des plans à rendre image par image, à la main, vu que le batch ne fonctionne plus (on a appris à bosser proprement PENDANT l’année, donc ce qui avait été fait avant…). A dormir dans les locaux, en attendant que les calculs se terminent. Un an de passion.

Tout ça pour… 7 minutes 45 de film. Et aucuns regrets.

J’en profite au passage pour remercier mes trois compagnons de galère dans cette aventure.

Un an de formation aussi. Découvrir qu’entre les cours et la production il y a un monde (sinon un univers). Que les bugs arrivent toujours au mauvais moment et qu’il faut savoir les gérer. S’organiser aussi, et travailler proprement. Se rendre compte que de nommer ses nodes est aussi important que de les créer. Que de savoir prendre des décisions et les tenir n’est pas aussi simple que l’on peut le croire. Et que maya regorge d’outils magiques, et de bugs. Et que le café de machine à la longue, ça aide plus à rien.

Un an de formation au workflow. A la propreté (pas du bureau, non, juste des fichiers et des scènes). De formation à la réalisation. A l’animation et aux scènes complexes.

Cette aventure m’a permis de découvrir ce qu’est le monde de la production (bon d’accord, dans une “vraie” prod il y a des gens qui savent organiser les choses, et l’expérience fait beaucoup, mais faut bien apprendre), ce qu’est réellement le cinéma d’animation… et j’ai aimé ça.

Mais le problème c’est qu’on ne ressort pas indemne de ce genre d’expérience. En tout cas j’ai l’impression d’en être sorti grandit. Sur le plan technique certes. Mais aussi sur le plan humain. Voir que le travail en équipe est une expérience formidable. Avec ses hauts et ses bas. Apprendre à connaître et gérer les caractères. Et apprendre à connaître ses limites. Ou les limites de ce qu’on a le temps de faire et de ne pas faire surtout. Apprendre à aller au plus juste, puis rajouter des choses par la suite.

Et surtout, pouvoir mettre en image une idée que j’avais au creux de la tête. Et que l’on a développé à cinq (oui on était cinq, comme je l’ai dit dans un précédent post, Alan Sellier était avec nous en 2e année, rhooo mais faut suivre un peu ^^). Avec le côté magique de voir tout ça qui prend vie. Avec de la musique en plus ! (Merci Mylcis !).

Bref, juste un post plein de mots pour dire à tous les débutants qui en passeront par là que c’est dur, mais que c’est bon (comme… le saucisson bien sur). Et aux professionnels qui pourraient lire ce post … bonjour, j’ai peu d’expérience, mais j’ai déjà souffert, alors vive la 3D et le cinéma d’animation, et en avant toute.

Bon je crois que je vais arrêter là ce message :)

Bonne journée à vous tous.

Wincanton

Projet : Réalisation d’un spot publicitaire pour l’entreprise de transports et entrepôts “Wincanton”, diffusé dans les salons professionnels.

Cahier des charges : Montrer une entreprise présente dans le monde, avec des technologies spécialisées et efficaces, et des modes de distribution divers.

Temps de travail : 1 mois, pré-production comprise, au sein du studio BarrHauss.

Equipe et tâches :

Tristan Le Granché

Réalisation, Props Modeling, Rigging, Animation, Rendu, Compositing

Aurore Turbé

Réalisation, Character & Props Modeling, Textures, Compositing

Télécharger la vidéo

Oracle : News

Sélections

Siggraph Asie (Singapour) - 2008
Festival Anim’est! (Bucarest, Roumanie) - 2008
Festival du film d’animation pour la jeunesse (Bourg en Bresse) - 2008
Festival du court métrage de Baillargues - 2007
Festival du court métrage Francophone (Vaux en Velin) - 2008
Festival UNinvitéD (Lausanne) - 2008
Festival du court métrage d’Altkirch - 2008
Festival Récréacourt (Montreuil) - 2008
Animabasauri (Espagne) - 2008
La nuit du film court (Paris) - 2008
Red Stick International Animation Festival (Bâton-Rouge) - 2008
Anima Mundi (Rio de Janeiro) - 2008
Festival Cine(f)estival de Ste Marie (Ile de la Réunion) - 2008
Multivision (St Pétersbourg) - 2008
Festival du court métrage de Castres - 2008

Prix

Festival du court métrage d’Altkirch : Prix Coup de Coeur du public
Festival Récréacourt (Montreuil) : Prix du Jury Adolescent

Autres

Interview sur scifi-universe.com

Oracle : Présentation

Qu’est-ce qu’Oracle ?

Tout simplement, Oracle est mon court-métrage de fin d’étude (et oui, on présente ce qu’on peut ^^).

Ce film a été co-réalisé en 1 an par quatre étudiants de l’ESMA : Michaël Desnoyelles, Sébastien Buisson, Flavien Lens et moi même. Musique originale de Mylcis.

Il est assez difficile de définir la participation réelle de chacun, étant donné que nous avons tous touché à tout, mais en gros ça donnerait ça :

  • Character Modeling - Flavien Lens
    Props Modeling - Sébastien Buisson
    Rigging - Tristan Le Granché
    UV & Skinning - Michaël Desnoyelles
    Textures - Michaël Desnoyelles
    Animation - Sébastien Buisson, Flavien Lens, Tristan Le Granché
    Rendu - Tristan Le Granché
    Compositing - Flavien Lens
    Fur - Tristan Le Granché
    Particules - Sébastien Buisson

Pitch : Quel parent ne s’est jamais demandé ce que deviendrait son enfant ? Dans un futur proche, Oracle, un nouvelle machine basée sur l’analyse du génome, teste les nouveaux nés pour connaitre leur avenir. Objectif : baisser le taux de criminalité du pays.

Durée : 7 min 45 s

Vous pouvez voir le film à cette adresse, ainsi qu’une petite galerie d’images et les contacts des réalisateurs :

Site du film

N’hésitez pas à me laisser vos commentaires et/ou questions :)

01. juin 2008

3D : Tim Borgmann

Je ne pense pas faire découvrir cet artiste à grand monde. Mais je tenais à ce qu’il ouvre la section 3D car il fut l’un des premiers que j’ai pu découvrir à faire de telles sculptures 3D. Un univers liquide mais statique, aux matériaux minéraux. A voir absolument.

Son site

Tim Borgmann

31. mai 2008

Ressources ???

Point de farming, de récolte de bois, de blé, ou d’or sur ce blog, ce que j’appelle “ressources” est tout autre. Cette catégorie vous présentera tous les liens vers des “tutoriaux” ou de la documentation que j’ai pu trouver intéressants. En voici déjà quelques uns (qui sont dans ma rubrique liens, je me répète déjà… damn’).

Highend3D - LE site communautaire où vous pourrez trouver un (très) grand nombre de MEL Scripts, de plug’s, ou de rigs gratuits. Un site incontournable, où vous trouverez souvent la solution à vos problèmes.

CGSociety - LE (j’aime bien être catégorique) portail sur le monde de la 3D, des news, des galeries, des articles, à consulter pour se tenir au courant et s’informer sur l’industrie du cinéma d’animation.

CGTalk - Le forum de CGSociety, de nombreux sujets, et des réponses rapides. Incontournable.

3DVF - Le portail 3D francophone, des news quotidiennes, des galeries, un forum, à consulter régulièrement.

Mayalounge - Forum pour la communauté Maya, peut s’avérer utile.

3D.sk - Vous cherchez des références anatomiques ? Ce site est fait pour vous ! Le prix n’est pas élevé lorsque l’on voit la quantité de documentation que l’on peut ensuite télécharger. Des nus, des objets, des animaux, des costumes, des poses, etc. Beaucoup de choses pour créer vos personnages.

Je vous ai mis les “indispensables” que je connais, d’autres viendront par la suite. Si vous avez des liens que vous voudriez me transmettre, n’hésitez pas.

Inspiration ? Quoi qu’est-ce ?

Certes, ce site a pour vocation de présenter mon travail à d’éventuels embaucheurs, mais je voudrais aussi en profiter pour faire partager quelques “découvertes” et réflexions que j’ai pu avoir depuis que je m’intéresse au milieu de la 3D, et de l’art en général.

D’où une catégorie “Inspiration”, qui vous présentera certains artistes numériques 2D et 3D, ainsi que des artistes dit “traditionnels”, dont les travaux ont pu me toucher.

J’aimerai aussi que cette catégorie puisse servir à répondre à la place de l’art dans la 3D.

C’est en effet l’une des grandes questions que les gens semblent se poser. Il semble bien souvent que l’infographiste 3D soit plus technicien qu’artiste, une sorte d’artisan numérique qui reproduit ce qui lui a été demandé et présenté sur papier.

Mais n’y a-t-il pas une petite place pour l’expression artistique dans tout ça ?

Je ne sais pas… je n’ai toujours pas de réponse.

J’aurai tendance à dire que lorsqu’il y a un réalisateur, un directeur artistique etc., il reste certes une place d’expression personnelle, mais il s’agit surtout d’un travail d’exécutant, et dans ce cas de “technicien”, un peu à la façon des apprentis chez les peintres de la Renaissance. Mais j’ai déjà pu voir, et je pense que cela va s’accentuer avec le temps, le numérique étant un outil relativement jeune, des travaux novateurs, purement artistiques. Et ce sont ces travaux là que je voudrai vous présenter. Aux côtés d’artiste plus “classiques”, mais dont les œuvres sont une source d’inspiration perpétuelle.

Car oui le numérique est un travail technique, mais ce n’est qu’un médium, au même titre que la peinture à l’huile, et l’artistique peut aussi bien s’y exprimer que dans n’importe quelle forme d’art.

29. mai 2008

C’est parti !

Et voici venue la dernière version de mon site… un wordpress… pratique.

Les images et vidéos devraient arriver rapidement. En attendant, n’hésitez pas à consulter les pages déjà créées.

Bonne navigation.